Les assistantes maternelles sont en colère et elles
le font savoir. Pourquoi ? Parce que le Conseil Général du Nord leur
demande depuis des années de travailler sans être payées. Elles
attendent, avec le soutien de la CGT, des réponses au courrier qu’elles
ont adressé au Président du Conseil Général, Mr Derosier, ainsi qu’aux
Conseillers Généraux.
Saviez-vous que les assistantes maternelles ne sont
plus payées dès qu’un jeune, qu’elles ont bien souvent "élevé
pendant des années, a atteint la majorité ? Il y a un paradoxe que seul
le Conseil Général pourrait expliquer. Pourquoi les éducateurs d’établissement
continuent toujours à percevoir leur paye ? Les jeunes chez les
assistantes seraient-ils une race à part ? Devant cette pénalisation,
les assistantes maternelles ont décidé de réagir et de revendiquer pour
mettre en relief les problèmes et les enjeux qui s’imposent à elles et
aux jeunes majeurs.
Une assistante maternelle, c’est une personne qui
accueille et qui prend en charge un enfant, un jeune ou un majeur. C’est
un travail qui demande de la disponibilité, du savoir-faire, des
motivations importantes (les assistantes maternelles travaillent 24h/24
pour un salaire de 3.000F/mois). Le travail des assistances maternelles, c’est
aider un jeune à grandir. Continuer son travail à la majorité du jeune,
c’est investir dans son avenir et faire acte de prévention. Le fait de
ne plus percevoir de salaire quand le jeune a atteint la majorité
pénalise fortement les assistantes maternelles. Elles ne sont plus
rémunérées avec toutes les conséquences que cela implique au niveau de
leur retraite. Elles n’ont également pas accès ni au COS, ni aux
avantages acquis des fonctionnaires.
Les assistantes maternelles se posent plusieurs
questions. N’auraient-elles plus de rôle éducatif à jouer pour le
jeune arrivé à l’âge de la majorité ? Qui peut nous faire croire qu’à
18 ans un jeune, qui plus est, a eu un parcours dramatique et qui a été
placé à l’A.S.E., devient magiquement adulte ? Le travail effectué
jusqu’à la majorité du jeune ne s’arrête pas brutalement à 18 ans.
Un jeune demande à cet âge peut-être encore plus d’attention, de
sollicitude.
Les assistantes maternelles ne peuvent concevoir de
mettre à la rue les jeunes qu’elles ont bien souvent
"élevés" pendant des années. Elles continuent, malgré tout,
avec une conscience professionnelle et un sens de l’humain à les
préparer et à les accompagner. Pour elles, il est indiscutable que l’administration,
qui sait la culpabilité qu’elles vont ressentir à refuser de garder un
jeune au delà de sa majorité, joue sur cet aspect. Au nom de l’affectif,
elle leur demande insidieusement et subtilement de continuer leur travail
mais à titre gratuit.
Pour les assistantes maternelles, le dispositif
contrat d’accès à l’autonomie qui se prétend avant gardiste n’est
qu’un effet d’annonce politique et va conduire ces jeunes majeurs de l’A.S.E.
dans une précarité encore plus importante, plus lourde.
Si le CAA est peut être une avancée pour les
jeunes qui ne dépendent pas de l’ASE, pour ceux qui en font
partie,penser à la singularité de leur situation, c’est leur offrir un
dispositif spécifique et différent. La réforme du CAA appliquée aux
jeunes de l’ASE met bien en évidence la confusion qui est faite: l’uniformité
ne veut pas dire égalité.
Les revendications des assistantes maternelles ? Elles sollicitent
que leur situation soit réexaminée de façon sérieuse pour qu’elles
ne soient plus pénalisées et pour que le jeune, s’il le désire,
puisse rester dans sa famille d’accueil. Elles revendiquent aussi pour
que soient prises en considération leurs conditions de travail notamment
les 35 heures dans leur rémunération de façon plus conséquente.