Depuis quelques semaines, nous assistons comme
au bon vieux temps, au grand jeu de cartes qui s’appelle
« démocratie — poker ».
Pour ceux qui ne connaissent pas ce jeu, il s’agit d’avoir les
meilleures cartes et de ramasser les mises de chacun.
Le pot, c’est le pouvoir. Les cartes, les promesses. Le bluff est de
rigueur. Si vous n’avez pas de promesses réalisables dans votre jeu,
vous devez faire croire le contraire. Pour cela, il faut être un bon
comédien et surtout ne pas dire que vous avez de mauvaises cartes. Même
avec un bon jeu, vous n’êtes pas sûr de gagner. Pour gagner, il faut
empêcher également les adversaires de prendre en dernier la parole. Il
faut s’efforcer de faire croire à tous que vous avez un jeu gagnant
même avec plein de cartes de fausses promesses. La tricherie est de mise.
Chacun a ses méthodes. On élimine souvent les joueurs sincères et
incrédules qui n’ont pas leur place dans ce jeu. Éventuellement, on
peut utiliser ces joueurs pour faire monter les enchères. Le plaisir de
jouer n’est pas de respecter les règles mais de les transgresser sans
que les autres s’en aperçoivent. Si vous perdez, vous avez recours à l’accusation
de tricherie avec l’assentiment de la majorité des joueurs et des
spectateurs. C’est le style de jeu qui prime actuellement.
La réflexion et l’étude, ont fait place à la culture de l’ignorance
et de la stupidité. Vous n’avez plus à réfléchir, les journalistes
experts en tout sont là pour vous expliquer ce que vous devez penser.
Pour apprendre le vrai sens de la vie et les connaissances des problèmes
de la société, il vous suffit de regarder le loft à la télé. Pour
comprendre la valeur de l’argent par le travail, il vous suffit de jouer
au loto ou à la bourse. Notre culture personnelle, nos opinions sont
forgées par les images et paroles diffusées qui nous harcèlent où que
nous soyons.
Mais finalement nous aurons toujours le résultat de ce que nous
faisons et nous avons de ce fait que ce que nous méritons.